Nous avons quitté presque à regret notre chambre nichée dans la forêt tropicale pour démarrer notre premier stage de voile aux Antilles.
Les Glénans en Martinique??
L’association des Glénans (école de voile fondée dans les années 50 sur l’archipel breton du même nom) possède plusieurs sites en France (en Bretagne bien sûr mais aussi en Méditerranée, rappelez-vous, la Corse!). Elle maintient également une “base” en Martinique pendant la saison des alizés (qui correspond plus ou moins à l’hiver en métropole). Trois voiliers habitables font la traversée transatlantique courant décembre (avec des équipages de stagiaires expérimentés), et passent l’hiver ici, pour des stages au départ de la Martinique et à destination des diverses îles Antillaises. Au printemps, les bateaux sont convoyés dans l’autre sens vers la métropole, où ils servent, pendant la belle saison européenne, aux stages près des côtes Françaises mais aussi Italiennes, Britanniques, Scandinaves, Islandaises, etc.
Notre bateau pour le stage à destination de Sainte-Lucie est un OVNI 395 du nom du Perine.
Premier jour : démarrage en douceur
Le premier jour du stage est consacré principalement à la préparation de la croisière : avitaillement et préparation des menus pour la semaine, inventaire du bateau, préparation de la navigation. Tout cela est toujours très long – trop long pour les stagiaires impatients que nous sommes. Cependant, à chaque fois que je me laissais gagner par l’impatience, je me réjouissais intérieurement en me rappelant que nous sommes ici pour minimum 2 mois de voyage et de voile – petits veinards. Dès lors, si nous perdons une demi-journée, quelle importance? Pour la première fois depuis notre insouciante enfance, nous avons LE TEMPS…
Lorsqu’enfin nous larguons les amarres, il est 15h30 passées. La nuit tombant vers 18h, cela nous fait une courte première journée de navigation, mais c’est suffisant pour prendre la mesure du bateau, prendre nos marques avec nos équipiers et s’amariner un peu dans l’alizé…
Nous remontons le long du Cul de sac du Marin, passons près de Sainte-Anne et la plage du Club Med puis remontons légèrement vers le Nord pour mouiller au large d’une petite plage, l’anse Caritan.
Au menu de notre premier dîner : boudins créoles « rouges » (ceux que nous appelons « noirs », mais relevés bien sûr) et blancs (à base de lambi et crevette, rien à voir avec le fade boudin blanc qu’on mange chez nous), bien épicés, et préparés par Maïna et Thomas, nos deux stagiaires habitant la Martinique. Servis avec des pommes, des oignons et du riz, tout le monde se régale!
Deuxième jour : des étoiles et un diamant!
Réveil à 6h45 et départ de l’anse Caritan en direction du Nord. Morgan insiste auprès du moniteur pour préparer minutieusement la navigation et ainsi mettre en pratique nos connaissances du permis hauturier. Durant la traversée, je suis chargée de la navigation et tiens le livre de bord. L’enjeu est limité puisque nous naviguons à vue, le plus délicat étant d’éviter les nombreux casiers signalés par des bouteilles ou des bidons de plastiques. Nous contournons le Diamant, ce rocher très aisément reconnaissable situé à 1 mille sous le vent de la côte martiniquaise, bien connu des marins.
Nous mouillons dans l’anse d’Arlet vers midi et passons une partie de l’après-midi à plonger dans la baie avec palmes et tuba. Morgan aperçoit une tortue! Et moi un poulpe! Les fonds sont assez poissonneux mais la visibilité dans l’eau n’est pas idéale, du fait de la forte houle qui sévit depuis plusieurs jours.
Bulletin météo du jour: bonne visibilité, Alizés significatifs, vent d’Est force 5 Beaufort fraîchissant force 6, mer agitée à forte avec des creux de 2m à 2m60.
Nous repartons en milieu d’après-midi – au moteur, afin de charger la batterie du bord qui est un peu faible – en direction des Trois Ilets et choisissons de mouiller au large des cocotiers de la paisible et discrète anse Noire.
Le soleil étant couché tôt, les soirées sont longues aussi nous prolongeons l’apéro par un jeu des petits papiers (ou Time’s up) qui nous offre une franche rigolade – même si Morgan triche comme d’habitude.
Pendant que les autres préparent le dîner (nous avons pris notre tour le midi), Morgan et moi montons sur le pont regarder les étoiles. La fraîcheur du soir est bienvenue, mais un pull n’est encore pas nécessaire. De l’autre côté de l’anse Mitan, à quelques milles d’ici, nous repérons l’éclat du phare de Fort-de-France, au milieu du fourmillant scintillement de ma ville natale.
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